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QUERNES au fil de la Laquette

 

d'après "AU FIL DE LA LAQUETTE" publié en 1982 par M. Paques, E. Péru, J.P. Roger

 

 

Le Nom

 

... Quernes apparaît vers 640 sous le nom de Kernea, qui devint Kernes en 1119 jusque vers 1400 où l'on rencontre Kiernes. Dès 1429 on voit pour la première fois, et pour peu de temps, Ouernes puis Kernas, Quiernes vers 1739 avant de retrouver son orthographe actuelle vers 1789.

... Quernes viendrait du mot latin Quernus qui signifiait " Bois de Chêne" et du Gaulois Cassanos. Cependant la variante selon laquelle, Quernes serait une déformation du mot Kernas ayant la même signification que le mot latin, mais par l'intermédiaire du celte est aussi admise. On retrouverait la même origine dans Kernemaretz, devenu Crémarest.

 

... Quernes en 1789 dépendait du bailliage d'Aire, partie de la Régale de Thérouanne. Son église paroissiale appartenait d'abord au diocèse de Thérouanne, doyenné d'Aire puis fut transféré au diocèse de Boulogne et au doyen né d'Auchy-au-bois et voué au culte de Saint-Omer.

 

L'ADMINISTRATION

 

... Au niveau de la politique locale, Quernes était administré, d'après la légende, par le seigneur Erlebert (environ 650) ; puis ce fut la maison de Berghes ; le dernier seigneur de Quernes était député aux Etats d'Artois. En 1465, Quernes faisait partie de la Chatellenie de Lillers, puis viennent ensuite les maires dont les noms suivent:

  • 1790 - ANTOINE FRANCOIS PATINIER
  • 1802 - 1811 FERLIN
  • 1811 - 1835 STOPPE ANTOINE
  • 1835 - 1846 VENEL FRANCOIS
  • 1846 - 1848 DELBREUVE FRANCOIS
  • 1848 - 1852 LEMOINE JEAN-BAPTISTE
  • 1852 - 1860 VENEL FRANCOIS
  • 1860 - 1877 DEHESTRU PHILIPPE
  • 1877 - 1878 DELACRESSONIERE CHARLES
  • 1878 - 1884 MILLE AIME
  • 1884 - 1912 DERISBOURG EUGENE ;
  • 1912 - 1915 DENIS MARTIN (mobilisé et remplacé par son adjoint)
  • 1915 - 1919 DENIS DAMIENS
  • 1919 - 1929 GASTON DUMINY
  • 1929 - 1935 DUMONT FRANCOIS
  • 1935 - 1945 EUGENE BRIXY
  • 1945 - 1968 (23 ans de mairie) EMILE GODART
  • 1968 - 2001 (33 ans de mairie !) RAPHAËL VENEL
  • 2001 à ce jour HERVE DELABRE

... On peut signaler quelques anecdotes; ainsi on signale par exemple qu'en 1830 le garde champêtre est révoqué pour avoir été condamné pour vol à St-Omer. On remarque aussi qu'en 1831 un conseiller municipal est démissionné car il ne sait pas lire, ni écrire.

... Le 16 septembre 1863, l'Empereur fait procéder par décret Impérial à la construction d'un pont sur la Laquette, malheureusement celui-ci est détruit en 1980 pour cause d'inadaptation aux exigences modernes de la circulation.

... En 1469, Quernes comptait 18 feux soit 90 habitants, ce chiffre passe ensuite à 117 en 1698, 120 en 1725, 165 en 1761, 250 en 1789, 209 en 1790, 323 en 1841, 336 en 1872, 379 en 1886, 367 en 1901,434 en 1921, 368 en 1941, 331 en 1962 et comptait 332 habitants en 1975 (360 en 1982, en augmentation) .

... On note même une grande extension en 1921, due aux réfugiés, aux mines et aux acieries d'Isbergues.

... On relève également 20 victimes militaires et 3 civiles pour l'ensemble des 2 guerres. " Le 22 mai 1940, 2 bataillons du 48e régiment d'infanterie, des Bretons arrivèrent en gare de Berguette et ne peuvent aller plus loin et doivent se rendre à pied sur Molinghem, Lambres, Ouernes, Witternesse, Blessy vers Boulogne. Le 23 mai à 3 h du matin une rude bataille se déroule à Witternesse, une compagnie Allemande a été anéantie et 2 autres encerclées, la 70e et la 11e qui avait dans ses rangs le fils du ministre des affaires étrangères VON RIBBENTROP venu en visite à Estrée-Blanche " . (K. DEBERLES).

...Sur le monument on peut lire le nom des victimes des guerres 1914-1918 et 1939-1945

 

LEROY AUGUSTE, POULAIN VICTOR, GAUDIN HENRI Aspirant, CARRIS ERNEST, DUPONT CYR, FLECHE MARCEL, DUBLANEAU LEON, LEFEBVRE EMILE, DUMINY ABEL Maréchal des logis, GAZET LEON Sous-Lieutenant, LEROY GUSTAVE, GAUDIN VICTOR, VENEL REGULUS, LEFEBVRE FERNAND, DUBLANEAU NESTOR, COUSIN ADOLPHE, HOGUET PAUL, BOULET EUGENE, PETAT RENE, BINSE VICTOR

 

... En outre sur le côté du monument une plaque nous rappelle le souvenir de représailles ennemies. En voici le texte :

" A la mémoire des civils fusillés par les Allemands le 23 mai 1940 Victimes de la barbarie nazie

DELFAUX EMILE, DELFAUX DUMONT EUGENIE, DELFAUX RAYMOND, REFUGIE D'HENIN-LIETARD LANCILLE ERNEST "

 

AU FIL DES ANS

1569

... Cette copie du registre du centième de Quernes, faite en 1721, nous apprend que Pierre Berthoul est lieutenant. la dîme appartient à l'évêque de Saint-Omer et au chapître de Boulogne. On note le nom de famille des propriétaires suivants : Patinier, Lartisien, Fournier, Nocq, Venel, Delille, Jonnart, De la Cressonnière, Ferlin. On retrouvera ces mêmes noms en 1790.

1725

... Le vocable est St-Omer; la commune compt 24 feux. Il y a 72 communiants. Les décimateurs sont : le patronat du chapître, l'évêque de St-Omer, le curé; le seigneur est le marquis de Lillers; le curé est A.H. Braure; le clerc de l'école pour garçons et filles est Ch. Lecigne marié qui perçoit 25 écus. le revenu de la fabrique est de 40 livres. Les registres paroissiaux existent depuis 1660. Une chapelle séparée de l'église est entretenue et ornée par les aumônes des fidèles.

LE VINGTIEME DE 1761

" Déclaration que donnent les bailly et lieutenant gens de Loÿ principaux habitants et le quatre plus haut cotisé aux centième du village de Querne de tous les biens fons, manoires, prairies, terres labourables, moulin, disme, terrage, commune et de tous les autres biens et droi produisant revenu situé et compris dans le terroir du vain pâturage dudit village pour satisfaire aux ordonnances de nos seigneurs les députés généraux ordinaire de Etats d'Artois en datte du 5 mars et 10 de décembre 1759 ".

Cantons: 1er (Manoirs) - 2e (le prex) et 3e (le prex au boule) : Cantons de Prex, cantons de terre labourable - 4e (le Blanc Mont) - 5e (derrière le prex) - 6e (derrière la commune de Quernes) - 7e (le moulin de mervelle) - 8e (le blanquette) - 9e (La couture et derrière le Hay) - 10e (derrière Beaumont) -11e (le Tanque).

Les seigneuries sont énumérées ainsi: Le Marquis de Carnin de Lillers seigneur dudit lieu a 223 livres 5 sols de censives et 100 livres de droits seigneuriaux: Monsieur Dupont a la seigneurie de Lilette (20 livres) ; Monsieur Royale fief seigneurial de Bracpot (20 livres) ; Robert Valart possède deux seigneuries (18 livres) ; le sieur Ogier a la seigneurie de " Bland Gand" (9 livres).

On trouve ensuite les habitants et propriétaires de la rue d'en haut : Guillaume de Lille, Jacque Augustin Lourme, Jean François le Moisne, Marie Deremetz, Denis Caille,' François le Febvre, Berthelemy Ferlin, Pierre Cousin, Philippe Robart, André le Moisne, M. le Curé, l'église et le cimetière, Marque Antoine Fournier, veuve de François Stoppe, Pierre Vilay, François Cachart, Jean François de St Pol, Nicolas Fournier, Mme Vve Pierre François Fournier, Jean François Fournier, Mme Vve Charle Cardon, Jean François Segon et Jean Baptiste Mauduit, Antoine Herlent, Jean Duminy, Antoine François, Joseph Nocq ; Madame de Berghes donne l'herbage de ses 25 mesures de marais pour la pauvreté du lieu.

L'évêque de St Omer est propriétaire d'un droit de dîme qui se lève sur 400 mesures de terre: 4 garbes (gerbes) à 8 du cent à la veuve Antoine Valart moyennant 144 livres.

Les chanoines de Boulogne possèdent une dîme sur 400 mesures: 2 gerbes à 8 pour cent à M. le curé du lieu moyennant la somme de 72 livres.

Le curé du lieu pour sa dîme soit trois gerbes à 8 % sur 400 mesures du revenu de 108 livres.

Les biens communaux se composent de 20 mesures ou environ données à la pauvreté du lieu: il y a 80 mesures de rietz (terres incultes) : une moitié occupée par la veuve du seigneur d'Assonville moyennant somme de dix livres, la seconde moitié tenu de Monsieur de Carnin de Lillers est occupée par la communauté moyennant 8 livres. Antoine Stoppe possède un moulin à usage de moudre blé et huile du revenu de 150 livres chargé au seigneur de Carnin de Lillers 22 livres pour un "avertissement non bannaux ". Le registre est clos le 15 de septembre 1761; signé par A. F. J. Stoppe Jean François Fournier, François le Moine, Jean François Cardon, Marcq Antoine Fournier, Jean Charles Joseph Nocq.

 

LE REGISTRE DE CATHOLICITÉ

... Les registres aux baptèmes, mariages et sépultures de QUERNES couvrent la période de 1723 à 1789.

Il nous ouvre tout d'abord la voie d'une étude démographique: naissances, décès et mariages. 2 épidémies en 1751 et 1767. Des naissances illégitimes: femmes et jeunes filles de la paroisse mais aussi des personnes de l'extérieur (commerce illicite) : pauvres filles et bourgeoises. Ces " enfants de l'amour" sont vite décédés, on remarque l'apparition de vagabonds de profession qui légitiment 3 enfants et se marient peu de temps avant le quatrième !

Nous avons également un éventail des catégories socio professionnelles: maçon, charpentier, brasseur (1764), meunier et domestique du moulin, Marie Madeleine Vercheval, sage dame (1758), tailleur (1769), Sieur Widehen, chirurgien (1773), le clercq et maître d'école : Pierre François Laigle en 1768, Charles François Lecigne en 1727 à la fois magister et bedeau.

L'autorité seigneuriale est toujours présente; 1768 Antoine François Joseph Stoppe, bailli, Antoine François Lartisien, lieutenant bailly en cette paroisse et laboureur (gros agriculteur possédant un train de labour en 1769), Pierre Joseph Fournier, procureur d'office de la paroisse de Quernes, Jean Jacques Delahaye, garde du prince de Berghues, seigneur de cette paroisse. L'autorité intervient pour ordonner la sépulture religieuse des nombreux noyés, en presque totalité des enfants, dans la rivière Lacquette et la fontaine de St Omer (un seul enfant de 4 ans le 21 août 1783) :

  • François Joseph Duminil, 3 ans, le 14 novembre 1748.
  • Marie Thérèse Joseph Wilman, 4 ans, en 1747 dans la fontaine de St Omer.
  • Marie Rosalie Herlin, 6 ans, le 2 juin 1749.

Outre les confirmations et visites épiscopales, ce registre nous donne les décès et arrivées de prêtres. Le curé nous livre des remarques extrêmement intéressantes:

  • " La nuit du 14 au 15 juillet 1752 on a éprouvé pour forcer notre église, mais les voleurs ne sont pas entrés, ainsi ils n'ont rien enlevé"
  • " En janvier 1769 j'ai fait marner la pièce ditte le biberin ce qui m'a coûté 21 livres "
  • "En décembre 1771 la paroisse a fait planter dans le verger presbitéralle 16 ormes; ceux du cimetière ont été plantés l'année précédente. J'ai planté aux pignons de ma chambre le 20 Xbre 1771 un espalier qu'on m'a vendu pour un bon chrétien. L'œuvre a été couverte en neuf en mai 1771 "
  • " En novembre 1772, j'ai fait faire des fossés ouverts en la pièce des cinq quartiers ce qui m'a coûté trente livres. En décembre 1772, j'ai fait arracher les aunelles qui étoient dans la pièce ditte le pré et cil parce qu'on me volait tout. J'ai mis la ditte pièce en labour "
  • " En février 1773, j'ai fait marner la pièce ditte les cinq quartiers de Beaumont qui m'a coûté douze livres. En mai 1773, le plat de la grange faisant face à la cour a été couvert à neuf"
  • " En février 1778, j'ai consenti par bonté et en faveur du pauvre à ce que mes paroissiens fermassent dune haie vive mon jardin a lieu et place du mur au quel ils etoient condamnés, ce quels ont éxécuté dans le courrent du même mois. Ils ont tiré leur plan de Nédoncelle ". (auteur de plans terriers soit géomêtre connu aux Archives Départementales et dans la série G diocèse de Boulogne).
  • Le 14 mai 1754, abjure Martaugh Macquinge, écossais et grenadier de la compagnie de Monsieur de Forbes du régiment d'Oglebey, 35 ans, devant Me Petit, desserviteur de la paroisse de Quernes et Père Romain Shapman, récollet anglais confesseur des clarisses anglaises à Aire: Parrain messire Jean Abbornithe, chevalier, capitaine du régiment; Marraine, noble dame Madelaine Martine née baronne du Hempsire, marquise de la Voustine, dame Douairière de la baronnie de Liettres.
  • Le 1er juin 1754 abjure Philippe Mackenzie, natif de Baydenough en Ecosse, grenadier dans le régiment Ogygloy écossois, 30 ans, parrain Marie-Antoine Bléri, ancien doyen et curé de Ligni ; marraine Marie Augustine Joseph Petit par procuration de noble damoiselle de la Vous tine, baronne de Liettres. ' Tous deux furent confirmés le 25 juin 1754 dans l'église des carmes de Saint Pol sur Ternoise par l'évêque de Boulogne.

LA PREMIÈRE MUNICIPALITÉ

... Le maire est Antoine François Patinier, 71 ans, laboureur; Antoine François Lartisien, 69 ans, laboureur et Jean Francois Fournier, 55 ans, sont officiers municipaux, Charles Nocq, procureur de la commune, laboureur, 27 ans; Pierre Joseph Venel, 60 ans, laboureur; Antoine François Stoppe, 65 ans, laboureur; Joseph Delille, 42 ans, ménager; Philippe Jonnart, âgé de 64 ans, ménager; André de la Cressonnière, 35 ans, ménager; François Ferlin, 36 ans, ménager, notables en septembre 1790.

... Il y a une pâture commune de 50 mesures pour faire paître les bestiaux mais le seigneur s'est emparé de trente mesures d'où location de 30 sols par mesure et loue les 20 mesures restant. Il ya d'ailleurs procès entre la communauté et le seigneur, en suspens depuis six ans mais celui ci a obtenu son jugement par défaut à Aire.

... Les charges sont de 240 livres: gage du clerc laïc et entretien de sa maison, fermage des trente mesures, entretien des pauvres, frais d'assiette, vacations de greffier. La commune a 250 livres de dettes; la population se compose alors comme suit: 29 hommes, 39 femmes, 23 garçons, 29 filles de plus de 18 ans, 46 garçons et 43 filles de moins de 18 ans.

Il n'y a pas de garde nationale.

... " Il Y a six chemins toujours défectueux à cause des eaux de sources qui les traversent. il est nécessaire d'avoir beaucoup de gravier pour les réparer et 4 nocs pour traverser ces chemins "-" pas de pont mais il y a une planche au-dessus de la rivière entretenue par la commune ".

... " Une petite rivière, la Laquette, qui traverse le terroir non navigable. Il est nécessaire qu'elle soit redressée et curée. L'écluse avec 5 vannes à l'usage du moulin n'empêche pas l'écartement des eaux même dans l'abondance ".

... On trouve un moulin à eau (à bled et à huile) qui appartient à Antoine Stoppe. Dans l'église paroissiale, le curé Antoine Boully a 61 ans, dont 23 de prêtrise. On rencontre également le clerc laïc.

La fabrique procure un revenu de 200 livres par an (en fermages et fondation) : malheureusement les charges sont équivalentes: obitier au curé et au clerc, pain, vin, cires, linges, ornements, entretien des autels, entretien de l'église, entretien de la maison presbitérale, l'impôt des vingtièmes, les rentes foncières et les autres charges. Le 7 juin 1785, au dernier compte on trouve une dette de 22 livres 8 sols.

L'église est petite, mais suffisante. Le presbitaire est très petit mais dans l'ensemble l'état des bâtiments est fort défectueux. " On fournit le pain aux pauvres et les habillements à une partie ".

Fait à Quernes le vingt sept septembre mil sept cent quatre-vingt dix.

LES SEIGNEURS

Le père de St Lambert aurait été seigneur du lieu avec le château vers 630-635.

Il ya une seigneurie principale, celle de Lilette (Monsieur Dupont en 1761); celle de Bracpot (Monsieur Royen 1761), de Blanc Gand (Monsieur Ogier en 1761)

La plus ancienne mention certaine des seigneurs de Quernes se trouve en fait dans l'église de Lières, monument du XVe siècle, classé monument historique et qui sera restauré bientôt et dans laquelle on pouvait voir, dans le mur de gauche, encastré vers l'entrée du choeur, un bas relief avec épitaphe en minuscule gothique; pierre blanche de 0,78 m x 0,78 m, l'inscription mesurant 0,31 m x 0,71 m. C'est ce bas de relief malheureusement bien dégradé qui se trouve au fond de l'église.

Ce bas relief représentait la Vierge assise dans une cathédrale élevée de trois marches, tenant sur ses genoux l'enfant Jésus. A sa droite, le défunt vêtu d'une longue cotte, est agenouillé; le heaume chevaleresque devant lui, l'écusson de ses armes (les armes de Lières ; d'argent à deux bandes d'azur), à droite timbré d'un heaume orné de lambrequins avec une tête de griffon pour cimier. A gauche de la Vierge, la défunte est également agenouillée portait le costume du XVe siècle avec le chaperon. Près d'elle se tient St Jean Baptiste tenant l'agneau Pascal. On lit sous ce groupe dont les têtes ont été mutilées sauf celle de la femme :

En 1620, la seigneurie de Lillers, celle de Guarbecque et Quernes furent vendues par un décret du conseil de Malines à la dame de Lallain, Baronne d'Escornaise, épouse de Florent, comte de Berlaymont.

En 1633 la maison de Carnin achète Quernes. En 1761 le marquis de Carnm de Lillers a pour blason " de gueules à trois têtes de léopard arrachées d'or ". En 1779 Madame de Berghes est citée. En 1788 on convoque aux Etats d'Artois une assemblée générale où figure le seigneur de la paroisse, noble depuis 6 générations, " Monsieur de Berghe seigneur de Quernes, en son château à Arleux près de Douai". Son blason est " d'or au lion de gueules, armé et lampassé d'azur"

L'ATTENTAT DE QUERNES

Voici le récit de " l'attentat" d'après le Dictionnaire Historique du Pas de Calais:

" La conduite bizarre de Pierre de Langle et son opiniâtreté si grande à persister dans ses sentiments erronés et à en poursuivre la propagation au détriment même des besoins spirituels de ses diocésains, n'étaient pas propres à lui attirer de leur part une bien grande somme de respect.

Aussi les histoires du temps nous ont-elles conservé le- récit de bien des scènes fort désagréables qu'il eut à essuyer dans divers endroits de son diocèse. Reproduisons entre autres celle de la fameuse lapidation de Quern.es, dont font mention tous les livres qui parlent de P. de Langle. Nous laisserons Scotté de Vélinghen nous la dire lui-même, en omettant toutefois certains traits par trop amers. "

M. de Langle étant de retour à Boulogne d'un voyage qu'il fit et dont il pouvait se passer, le 23 août 1720, ne l'ayant en partie fait que pour se dispenser d'officier pontificalement dans sa cathédrale, le jour de l'Assomption de la Sainte Vierge; étant donc de retour de ce voyage qu'il fit en la ville d'Ardres, à l'abbaye de Saint-Augustin, près de Thérouanne, et au village de Quernes, à une lieue de la ville d'Aire en Arthois, dans le dessein de confirmer et de porter la paix partout, comme il l'avait portée à Calais, suivant son discours ambitieux.

... En arrivant à ce village de Quernes, étant dans une rue creuse, on ne lui sonna pas les cloches comme il voulait qu'on lui fit partout, mais environ cinquante femmes s'étant attroupées sur les bords de cette creusée, chargées de pierres et de cailloux cornus, se mirent à les jeter sur la litière où il était, dans le dessein de l'assommer et lapider, et le nommant hérétique, janséniste, quénéliste ; ces femmes jettèrent des pierres en si grande quantité, que la litière en fut très-endommagée, et M. l'évesque faillit d'y être écrasé, son aumônier, nommé Griboval, en reçut un coup dangereux aussi bien que son valet de chambre nommé Legendre, de sorte que le muletier qui montait la litière, fut obligé de faire doubler le pas à ses mulets, et rebrousser chemin au lieu d'aller à ce village pour en faire la visite comme il l'avait projeté, et ces femmes après avoir fait leur expédition, voyant qu'elles n'en pouvaient faire d'avantage, ayant eu le dessein d'assassiner monsieur l'évêque et sa trouppe, s'en furent à l'église de Quernes avec des pierres et des bâtons, et y trouvèrent le curé de cette paroisse qui achevait de lire sa messe; et se mirent à le maltraiter de coups de bâtons et lui jeter des pierres, de sorte qu'il fut obligé, tout revêtu qu'il était de ses ornements, de sauter par la fenêtre de la sacristie pour chercher un refuge où il pût être en sureté, et ces femmes criant toujours après lui, et le nommant hérétique, janséniste, à cause que le curé suit la doctrine de M. l'évêque, et qu'il est son adhérent. Cela arriva le dimanche 18 août 1720 ; il y eut un paysan qui donna un coup de bâton sur le bras de ce curé, étant encore à l'autel..

... Environ la mi-novembre 1720, sur la plainte de M. de Langle faite à M. le régent, de l'insulte à lui faite par ceux de Quernes, M. le régent donna ordre à cinquante grenadiers d'aller au village de Quernes, et y vivre à discrétion chez tous les particuliers de ce village, avec ordre d'y tuer toutes les poules et volatiles de ce village, et les habitants de ce lieu obligés de payer chaque jour à chacun de ces dragons vingt sols, et vingt livres à chaque officier; les habitants de ce village, tant les coupables que les innocents de cette insulte, se voyant ainsi maltraités, députèrent trois ou quatre des principaux de leur village vers M. l'évêque de Boulogne, et y étant, ils se jetèrent à ses pieds, et lui demandèrent pardon de cette insulte pour tout le village, et le prièrent de vouloir donner ordre que ces cinquante grenadiers se retirassent; il leur ordonna de se relever, et leur dit qu'il leur pardonnait..."